Prostré dans mon lit à fixer le plafond, l'oeil vide, les paupières gonflées de larmes. Voila mon activité la plus récurrente depuis que c'est fini. Mon frigo voit se périmer des aliments même pas entamés, et mon petit appartement ressemble à une pièce un lendemain de fête : des fringues un peu partout, une canette de bière dans une casserole, un matelas au sol et une odeur de mort, probablement due à la poubelle renversée.
Le seul aliment qui tient dans mon ventre est le poulet, ceci grâce à une personne totalement inattendue devenue très proche avec qui j'ai tissé des liens à base de nuggets au poulet. Tout le reste est instantanément régurgité, sauf les liquides. Ma consommation de bière a explosé tous les records, et permet à mon cerveau de ne PAS réfléchir tout en donnant à mon corps un minimum de nutriments. Malheureusement, j'ai découvert hier que l'association antidepresseurs et alcool me faisait voir des CANARDS. Ouai, des canards. Apres les oeufs magiques, le combo pas de sommeil + antidep' + alcool à outrance = OMG WTF DES COL-VERTS PARTOUT. Ceci dit mon poids est en chute libre et ça ne m'aide pas.
Je suis malheureux. Y'a tout le monde qui arrive à grand renfort de "c'est la vie", "t'en trouveras d'autres", "c'était une connasse de toute façon" (Non.), ouai c'est facile à dire c'est sur, mais vous êtes tous passés par là et vous savez qu'on souffre et que ça n'aide en rien de taper sur l'autre surtout quand vous savez que c'est quelqu'un de bien, ou de dire qu'on à quartier libre désormais "on peut s'amuser maintenant". Non, ce n'est pas drôle. Y'a rien de drôle. Y'a pas de "bons" côtés. Alors arrêtez. Vous prenez le problème à l'envers déjà : la question c'est pas "Elle est trop conne de t'avoir quitté", mais plutôt "qu'est ce que moi, j'aurais du faire ou ne pas faire, pour qu'elle soit heureuse et épanouie". Mais vous n'avez pas l'air de comprendre ce raisonnement. Plus que ça, le fait d'être un mec et d'avoir une peine d'amour on dirait que c'est censé être incompatible : sans déconnez, stop cracher sur les connards, c'est vous qui les façonnez en voulant à tout prix foutre les gars sensibles dans une catégorie. Comme disait un pote, "là t'as deux options : soit tu te transforme en gros connard et tu profites de la vie avec les plus belles filles à tes pieds, soit tu souffre, tu t'améliore, tu frôle la perfection et tu restera seul toute ta vie à écrire des bouquins jamais publiés". Comme je suis un peu maso, je tente la 2ème option.
Les ruptures, comme toutes les choses douloureuses de la vie, doivent servir. Hors de question de souffrir pour rien, c'est une perte de temps et une grosse déprime pour du vent. J'ai appris vraiment beaucoup d'un coup dans cette relation et cette rupture. Une de mes plus grosse découverte ça a été que même moi je pouvais demander de l'aide aux gens. Adepte du "On est jamais mieux servis que par soi-même", c'est en ayant des idées vraiment noires que je me suis bougé chez le médecin et qu'il m'a donné de l'aide. J'ai senti que seul je n'aurais pas la force de passer cette épreuve. Je me sentais déjà assez sali, honteux, humilié d'avoir finalement réussi à croire à une très belle histoire, mes craintes antérieures réparées, et de voir tout ça s'écrouler d'un coup. Qu'on se le dise, il faut un putain de courage pour mètre son honneur de coté et aller demander de l'aide. Ce fût la démarche la plus dure de ma vie, de loin.
Alors j'ai mal, je comprends la moindre fibre de la notion de "mourir de chagrin". Quand l'esprit est si atteint par la perte de l'autre qu'il se sabote pour abréger les douleurs, qu'il se sabote parce qu'il ne comprend pas pourquoi continuer à exister sans le moindre désir d'amour, de bouffe, de quoi que ce soit... Putain, j'ai même la bêta pour la future extension de WoW, ma plus grosse passion, et j'ai pas touché le moindre jeu depuis la rupture... En temps normal j'aurais fais le gros nolife direct, mais le plafond blanc et ma tête vide me suffisent. Les pilules me font perdre la notion du temps, et le petit jeu du plafond à duré une fois plus de 30 heures éveillé à le fixer. Là, je me dis qu'extérioriser mes pensés sur mon blog me fera du bien, bien qu'au fond on sait tous que non.
Cet article décousu vous est fourni par un auteur fatigué à la personnalité altérée. Très fatigué. Je rattraperais ça, promis.